À propos de l'événement
Alejandro Erbetta — Fresque photographique Exposition monographique aux Archives départementales de la Dordogne Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie À la croisée de la photographie, de la recherche théorique et de l'enquête documentaire, l’artiste argentin Alejandro Erbetta présente les deux premiers chapitres d’une fresque photographique menée depuis plusieurs années entre l’Europe et l’Amérique latine. Résidant en France depuis 2008, il déploie ici un travail minutieux entre la France, l’Argentine et le Chili. L’œuvre d’Erbetta est conçue comme une investigation artistique au long cours, divisée en plusieurs parties : Un royaume imaginaire (Chapitre 1) et Le pays de l’oubli (Chapitre 2). Ces volets complémentaires ont reçu le soutien à la photographie documentaire contemporaine du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), respectivement en 2021 et 2023. En 2024, le projet a également obtenu le soutien de l’Institut Français à travers son dispositif IF EXPORT pour des expositions monographiques à l’international. Chapitre 1 : Un royaume imaginaire La première partie, Un royaume imaginaire, se concentre sur l’histoire d’un personnage méconnu de l’histoire officielle : Antoine de Tounens, un Français autoproclamé Roi d’Araucanie et de Patagonie à la fin du XIXe siècle. Dans ce premier temps, l’artiste a effectué des déplacements sous forme de voyages-enquêtes, mêlant photographie et écriture, en France et en Argentine, afin de traverser ces territoires lointains de la Patagonie. En associant des images d’archives retrouvées sur place, des textes autobiographiques écrits par Antoine de Tounens ainsi que ses propres photographies prises au fil de ses déambulations, Alejandro Erbetta crée un espace narratif singulier. Il opère ainsi un mixage de réalités diverses, entre images actuelles et anciennes, entre passé et présent, entre création et récréation. Chapitre 2 : Le pays de l’oubli Dans la deuxième partie, Le pays de l’oubli, l’artiste se focalise sur les événements tragiques survenus dans le Cône Sud à la fin du XIXe siècle, afin de porter un regard rétrospectif et révisionniste sur l’Histoire argentine depuis notre présent. Si, à l’échelle globale, la fin du XIXe siècle est propice aux politiques d’expansion coloniale, elle se traduit lointainement, en Amérique du Sud et particulièrement en Argentine, par un élargissement des frontières des États-Nations. Sous couvert d’une idéologie de la « civilisation » face à la « barbarie » — incarnée par les peuples amérindiens —, une politique de colonisation brutale s'instaure : la fameuse « Conquête du désert ». Cette campagne, conçue et dirigée par le Général Julio Roca en 1879, a provoqué l'extermination massive et presque définitive des peuples originaires en Argentine. Par conséquent, la mémoire de ces communautés a été détruite et déplacée ; pourtant, d'une certaine manière, elle a survécu à travers des générations de survivants, des récits, des témoignages et une documentation histor